Réflexions

L’université : mon expérience, mes conseils

Dans deux petits mois, je serai diplômée d’une double licence LLCE allemand et Lettres Modernes (non, ce titre à rallonge n’est pas du tout pompeux !). Ecrire cet article est ainsi pour moi l’occasion d’effectuer une petite rétrospective et de dresser le bilan de ce que furent ces trois dernières années.

-Mon expérience- 

 

          D’une manière générale, l’université et les études supérieures sont une transition nécessaire et inévitable de ce Moi adolescent, discipliné par les différentes étapes de sa scolarité et subordonné à ses parents dans la sphère familiale, à ce Moi plus adulte, épanoui et équilibré par l’indépendance et les libertés acquises.

Comme avant chaque pas dans l’inconnu, j’appréhendais beaucoup. J’étais terriblement excitée de me lancer dans mes études et de découvrir cette nouvelle vie me promettant changements dont j’avais tant besoin et découvertes, que j’espérais vivement. J’avais hâte de devenir plus autonome, de faire les choses par moi-même et de prendre mes propres décisions.

         Je me suis souvent sentie dépassée par l’administration, une anonyme au sein d’une vaste structure, au milieu d’une foule d’étudiants. J’ai longtemps eu l’impression de n’être pas à ma place ou d’avancer à contre courant. Cependant si ces trois années de licence se sont révélées être parfois difficiles ou encore décevantes par certains aspects, j’ai beaucoup appris, fait de formidables rencontres et ai tout simplement grandi.

-Mes Leçons, mes conseils- 

Forte de mon expérience, j’ai écrit ici le pèle-mêle de mes propres leçons-conseils-et-conclusions.

1) L’autonomie et l’organisation

On le répète sans cesse à tort ou à raison (l’expérience montre que c’est plutôt à raison), l’université est synonyme de liberté(s). A l’arrivée dans les études supérieures, c’est un nouveau monde qui s’offre à soi et cette autonomie nouvelle est aussi bienvenue que dangereuse. Difficile de s’auto-gérer et de faire les bons choix: assister au cours ou ne pas y aller, se préparer soigneusement à manger (pour éviter les petits kilos qu’amène nécessairement cette liberté naissante) ou s’acheter un menu Fast-food, réviser pour l’examen du lendemain ou répondre à l’invitation pour la soirée, d’une amie … C’était la première fois que je prenais ces décisions par moi-même. Je me suis bien vite rendue compte que la pondération et l’organisation étaient les clés de la réussite des études.

2) Accepter le changement

Accepter de dire au-revoir et de laisser s’éloigner ses amis du lycée, parfois même du collège, ces gens qui ont beaucoup compté pendant l’adolescence et qui prennent une direction différente. Accepter de devenir quelqu’un d’autre, d’évoluer, de se forger de nouvelles opinions. Accepter de changer son appréhension du monde au gré de ses rencontres, de réviser sa manière d’être dans la société, de se découvrir des faiblesses que l’on ne se connaissait pas. C’est aussi cela, l’université.

3) Laisser place au doute

J’ai toujours su ce que je voulais faire et cette constance qui a traversé mon adolescence était un véritable point de repaire, la petite note de logique et d’évidence au milieu du désordre. Il me procurait le sentiment sécuritaire de connaître Demain et le confort de n’avoir aucun doute.

Les années passées et l’université ont fortement ébranlé cette certitude. C’est probablement le cas de beaucoup d’étudiants sur les bancs de l’amphithéâtre qui se murmurent au quotidien ces mille questions  » que fais-je là ?, où cela me mènera t’il ?,  Suis-je à ma place ? » . Autant d’interrogations sans réponses auxquelles il faut faire face mois après mois tout en s’accrochant à l’idée réconfortante que l’on aura toujours le temps de réfléchir au master que l’on veut choisir, à l’école que l’on souhaite intégrer, au concours que l’on veut passer, plus tard. Mais ce plus tard est vite arrivé. Trois ans, ce n’est pas si long après tout.

Laisser place au doute et chasser cette pression étouffante que l’on se met à soi-même est important. L’université est une période de changement où l’esprit se cherche et se modèle, où l’on se redécouvre par le prisme du regard des autres, par de nouvelles rencontres et de nouveaux apprentissages.

4) Un temps pour tout

Rien n’est plus vrai. J’ai toujours pensé que tout était une question de balance, de juste-milieu et d’équilibre à trouver et j’en suis plus convaincue que jamais, après ces trois années écoulées. Ainsi, si il y a un temps pour réviser, il y a un temps pour profiter (où l’inverse selon votre personnalité). La bibliothèque était mon endroit favori et je ne regretterai jamais les douces heures que j’y ai passées en silence, à lire et étudier mais si tout cela était à refaire, je délaisserais un peu mes livres pour privilégier mes amis.

5) Le lâcher prise.

Lors de ma première année, je me suis vite sentie débordée par la densité des sujets abordés au sein de mes licences. A vouloir trop bien faire, m’intéresser à tout, j’ai bien vite été frustrée en constatant que le temps me manquait et que je ne pouvais pas approfondir tels ou tels points abordés dans un cours, comme je l’aurais pourtant vivement souhaité. En étudiant, j’avais l’impression étrange et paradoxale de survoler mes matières avec précision, c’est à dire d’apprendre et de connaître des données pointues et précises, sans pour autant pouvoir éclairer ou expliquer leurs origines. Absurde. Mais c’est cela l’université. Il faut alors l’accepter et lâcher prise.

6) Saisir les opportunités.

L’Université est une période enrichissante où les possibles sont multiples. Partir à l’étranger, effectuer un stage, prendre une option découverte, apprendre une nouvelle langue, ce sont autant d’expériences à vivre, d’opportunités à saisir que la Fac offre. Il faut en profiter et accepter de faire ce que l’on n’aurait jamais pensé faire quelque mois auparavant, dire oui à la nouveauté sous toutes ses formes, oublier quelques temps son habitude d’anticiper chaque chose et laisser place à l’imprévu.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai choisi de partir étudier un an à l’étranger et ai choisi d’effectuer ma dernière année de licence à Berlin. C’est sans aucun doute l’une des meilleures décisions de ma vie.

7) Profiter

On pense toujours à la suite, à l’Après, au Lendemain sans pour autant profiter du temps présent pourtant si précieux. Les études, c’est le temps du soi, de l’égoïsme (pondéré bien entendu), de l’épanouissement personnel. Il est nécessaire de mettre à profit cette phase cruciale de la vie pendant laquelle cette transition vers un Moi plus adulte s’opère. C’est un temps vécu seul, entre deux familles, celle qui nous a vu grandir et celle que l’on va construire.

Si vous débutez vos études ou bien si vous les poursuivez, c’est le seul et unique conseil que je pourrais donner : profiter de cette indépendance, de cette liberté nouvelle, de la chance qui vous est donnée de devenir vous-même ou peut-être une version de vous-même, encore meilleure.

– Et vous ? Que vos études vous ont-elles apportées ? Quelles leçons en tirez-vous ? –

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2 Comment

  1. J’aime beaucoup ce genre d’article, ça me parle ! Comme toi je me suis souvent perdue cette année, notamment au début des semestres. Il faut vraiment un temps d’adaptation même si on aime être indépendant. Être complètement lâché comme ça c’est différent, et savoir se discipliner soi-même c’est pas toujours évident. Mais c’est aussi une super expérience, un pas dans la vie d’adulte 🙂

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